Auteur/autrice : olivier Montiege


Conseil d’État, 2 octobre 2026, n° 504921

Votre ancien site industriel a été dépollué, l’inspection a dressé un procès-verbal de conformité, et des logements y ont été construits depuis. Le dossier est-il définitivement clos ? Pas nécessairement. Dans une décision du 2 octobre 2026, le Conseil d’État confirme que le préfet peut, plusieurs années après la cessation d’activité, imposer à l’ancien exploitant une étude de la pollution résiduelle. Il précise aussi l’usage de référence à retenir : celui de la dernière période d’exploitation.

1. L’affaire : un ancien dépôt pétrolier devenu quartier d’habitation

Un dépôt pétrolier exploité au bord de la Seine, à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), a cessé son activité en 2001. Le site devait être intégré à une zone d’aménagement concerté (ZAC) accueillant des logements, des entrepôts, une école et des squares. L’exploitant a réalisé les travaux de réhabilitation prescrits par le préfet. Le 29 avril 2005, l’inspection des installations classées a constaté par procès-verbal que la dépollution était conforme.

En 2018, des habitants d’un immeuble construit sur le site se plaignent d’odeurs d’hydrocarbures. Par un arrêté du 3 mars 2020, le préfet impose à l’ancien exploitant :

  • de remettre sous quatre mois une étude vérifiant que la pollution résiduelle est maîtrisée et compatible avec les usages ;
  • si l’étude révèle un risque, de proposer sous six mois des mesures de gestion assorties d’un échéancier.

Le tribunal administratif de Melun a validé l’arrêté. La cour administrative d’appel de Paris l’a annulé, au motif que le préfet ne pouvait pas tenir compte du nouvel usage résidentiel du site. Le ministère s’est pourvu en cassation.

2. Ce que juge le Conseil d’État

Le préfet peut intervenir « à tout moment ». Pour les installations qui ont cessé leur activité avant le 1er octobre 2005, l’article R. 512-39-5 du code de l’environnement permet au préfet d’imposer à tout moment des prescriptions à l’ancien exploitant. Un procès-verbal de dépollution conforme n’y fait pas obstacle.

L’usage de référence est celui de la dernière période d’exploitation. Les prescriptions doivent être appréciées au regard d’un usage du site comparable à celui de la dernière période d’exploitation, et non au regard de l’usage actuel, ici résidentiel. Depuis le 1er janvier 2023, le texte renvoie à la même catégorie d’usage selon la typologie de l’article D. 556-1 A : industriel, tertiaire, résidentiel, récréatif ou accueil de populations sensibles.

La cour s’est trompée de raisonnement. Elle ne pouvait pas annuler l’arrêté au seul motif que le site avait changé d’usage. Elle devait rechercher si les prescriptions, qui imposaient « seulement, dans un premier temps, la réalisation d’une étude », pouvaient être exigées au regard de l’usage industriel antérieur. L’arrêt est annulé et l’affaire renvoyée devant la cour de Paris, qui devra trancher ce point.

Le droit applicable. Le juge des installations classées apprécie la forme et la procédure à la date de l’arrêté, mais applique les règles de fond en vigueur à la date à laquelle il statue.

3. Ce qu’il faut retenir

  • La cessation d’activité ne clôt pas toujours le dossier. Même après un procès-verbal de conformité, l’ancien exploitant reste exposé à de nouvelles prescriptions si une pollution résiduelle se manifeste.
  • Une étude est plus facile à imposer que des travaux. Le Conseil d’État insiste sur le fait que l’arrêté imposait d’abord une simple étude. La décision ne dit pas comment seraient appréciées des mesures de gestion plus lourdes.
  • Le changement d’usage ne protège pas l’ancien exploitant. Il ne fait pas obstacle à des prescriptions appréciées au regard de l’usage industriel antérieur. En revanche, la charge d’adapter le site à un usage plus sensible, comme des logements, relève en principe de celui qui porte ce changement d’usage.
  • Une limite dans le temps. Selon la jurisprudence du Conseil d’État (Assemblée, 8 juillet 2005, Alusuisse-Lonza-France), la charge financière de la remise en état ne peut plus être imposée à l’exploitant au-delà de trente ans après que l’administration a eu connaissance de la cessation, sauf dissimulation. Ce délai n’était pas en cause ici, la cessation ayant été déclarée en 2001.
  • La décision vise les cessations antérieures au 1er octobre 2005. Les sites arrêtés depuis relèvent d’une procédure de cessation plus encadrée, renforcée en 2022 par l’intervention obligatoire d’entreprises certifiées.

4. Nos conseils

Si vous avez exploité un site aujourd’hui fermé :

  • conservez toutes les archives de la cessation : notification, mémoire de réhabilitation, arrêtés, procès-verbal de récolement, études de sols ;
  • documentez l’usage du site pendant la dernière période d’exploitation, qui sera la référence en cas de nouvelles prescriptions ;
  • en cas de demande du préfet, faites analyser la proportionnalité des prescriptions au regard de cet usage de référence.

Si vous préparez une cessation d’activité ou une vente de site :

  • anticipez la définition de l’usage futur avec le maire et le propriétaire ;
  • documentez rigoureusement l’état des sols et les travaux réalisés ;
  • vérifiez les obligations d’information de l’acquéreur d’un terrain ayant accueilli une installation classée.

I.C.E Conseil et ses partenaires vous accompagnent dans vos procédures de cessation d’activité et dans l’analyse des arrêtés préfectoraux de prescriptions complémentaires, en lien avec vos conseils juridiques. Contactez-nous.

Source : Conseil d’État, 2 octobre 2026, n° 504921, Shell France (inédite au Recueil Lebon), consultable sur le site du Conseil d’État.
Photo : Cédric Dhaenens / Unsplash.


Depuis le 5 mars 2026, les exploitants d’installations classées soumises à autorisation ou à enregistrement peuvent déposer en ligne le porter à connaissance d’une modification. La téléprocédure s’appelle MAIOT, pour « modification d’une activité, installation, ouvrage ou travaux ». Elle sert aussi pour les installations, ouvrages, travaux et activités relevant de la loi sur l’eau (IOTA).

Accéder à la téléprocédure : Effectuer une modification d’une ICPE ou d’un IOTA (MAIOT)

1. Qui est concerné ?

La téléprocédure couvre les modifications :

  • des ICPE soumises à autorisation ou à enregistrement ;
  • des IOTA soumis à autorisation ou à déclaration.

Elle sert à porter à la connaissance du préfet, avant leur réalisation, les modifications envisagées sur une installation qui dispose déjà d’un acte administratif. L’obligation de les déclarer découle des articles R. 181-46, R. 512-46-23 et R. 512-54 du code de l’environnement.

Les ICPE soumises à déclaration ne sont pas concernées : elles conservent leur propre téléprocédure.

2. Ce que MAIOT ne permet pas de faire

Plusieurs démarches restent en dehors de la téléprocédure :

  • les demandes initiales, pour une installation qui n’a encore aucun acte administratif ;
  • les modifications substantielles, qui exigent une nouvelle demande d’autorisation ou d’enregistrement : le parcours en ligne est alors bloqué ;
  • la cessation totale d’activité ;
  • le changement d’exploitant et le transfert d’autorisation, qui se traitent directement avec le service instructeur ;
  • les demandes d’examen au cas par cas ;
  • la modification d’un dossier déjà en cours d’instruction.

Les documents confidentiels ne doivent pas être déposés en ligne. Ils sont transmis au service instructeur sous pli séparé, au format papier.

3. Comment se déroule le dépôt ?

  • Pas besoin de compte. Pour enregistrer un brouillon et y revenir plus tard, il suffit d’une adresse électronique et d’un mot de passe.
  • Un parcours guidé. Les questions s’adaptent à vos réponses et au régime de l’installation.
  • Deux types de pièces. Vous déposez le dossier de porter à connaissance en PDF et, si besoin, des pièces complémentaires en PDF ou en zip, jusqu’à 100 Mo chacun. Il est recommandé de joindre un sommaire qui indique où trouver chaque thème.
  • Un mandat si un bureau d’études dépose pour vous. Le dossier doit alors comporter un mandat signé par l’exploitant.
  • Un récépissé automatique. Il est délivré à la fin du dépôt, résume vos réponses et peut être utile pour vos démarches d’urbanisme.

Le service instructeur vous adresse ensuite par courriel ses éventuelles demandes de compléments. Il vous notifie sa réponse : donné acte, arrêté de prescriptions complémentaires ou refus.

4. Obligatoire ou non ?

Selon la FAQ officielle du ministère, la téléprocédure n’est pas obligatoire, mais fortement recommandée. Elle oriente directement le dossier vers le bon service et fournit un accusé de réception automatique. Certains services instructeurs encouragent désormais le dépôt exclusivement en ligne : renseignez-vous auprès de votre inspecteur.

5. Pourquoi c’est important : le délai de quatre mois

Le récépissé MAIOT a une utilité très concrète. Le Conseil d’État a jugé le 8 avril 2026 que le porter à connaissance est une véritable demande de modification. Il a aussi jugé que le silence du préfet pendant plus de quatre mois vaut rejet, lorsque la modification est susceptible d’entraîner une adaptation de l’autorisation (voir notre article Porter à connaissance d’une modification ICPE : quatre mois de silence du préfet valent refus).

Le récépissé donne une date de dépôt certaine. Notez l’échéance des quatre mois et relancez le service instructeur avant son expiration pour obtenir une réponse écrite.

6. Nos conseils avant de déposer

  • Échangez avec l’inspection en amont pour qualifier la modification : notable ou substantielle ?
  • Préparez un dossier complet et structuré : description de la modification, situation administrative, analyse des dangers et inconvénients, et justification du caractère non substantiel.
  • Conservez le récépissé et suivez le délai de quatre mois.
  • Ne réalisez pas la modification avant d’avoir reçu une réponse écrite.

7. Liens utiles

I.C.E Conseil vous accompagne. Nous rédigeons vos porters à connaissance, nous les déposons pour vous sur MAIOT avec votre mandat, et nous assurons le suivi auprès de l’inspection jusqu’à la réponse du préfet. Contactez-nous.


Conseil d’État, 8 avril 2026, n° 495603 (mentionnée aux tables du Recueil Lebon)

Pour beaucoup d’exploitants, le « porter à connaissance » est une simple formalité : on informe le préfet d’une modification, et sans réponse, on considère que tout va bien. Le Conseil d’État vient de rappeler que ce n’est pas le cas. Dans une décision du 8 avril 2026, il juge que le porter à connaissance d’une modification notable est une véritable demande de modification de l’autorisation, et que le silence du préfet pendant plus de quatre mois vaut rejet.

1. L’affaire

Un parc de six éoliennes, dans les Côtes-d’Armor, avait obtenu une autorisation environnementale en décembre 2021. Quatre mois plus tard, en avril 2022, l’exploitant a porté à la connaissance du préfet un projet de modification de l’implantation des éoliennes. Le préfet n’a pas répondu.

Une association a contesté l’autorisation. Pour écarter l’un de ses arguments, tiré d’un dossier incomplet sur la maîtrise foncière, la cour administrative d’appel de Nantes s’est appuyée sur ce projet de modification. Le Conseil d’État censure ce raisonnement : faute de réponse du préfet, la modification avait été implicitement refusée. La cour ne pouvait donc pas en tenir compte. L’arrêt est annulé et l’affaire renvoyée devant la cour.

Le litige concerne un parc éolien, mais la solution vaut pour toutes les installations soumises à autorisation environnementale, donc pour les ICPE à autorisation.

2. Ce que juge le Conseil d’État

Le porter à connaissance est une demande, pas une simple information. L’article R. 181-46 du code de l’environnement impose de porter à la connaissance du préfet, avant leur mise en œuvre, les modifications notables d’une installation autorisée, avec tous les éléments d’appréciation. Le Conseil d’État juge que cette procédure constitue une demande de modification de l’autorisation, au sens du code des relations entre le public et l’administration.

Trois issues sont possibles. Le préfet peut :

  • estimer que la modification est substantielle et exiger une nouvelle demande d’autorisation ;
  • fixer des prescriptions complémentaires ou adapter l’autorisation par arrêté ;
  • donner acte de la modification, s’il juge que rien de tout cela n’est nécessaire.

Le silence vaut rejet après quatre mois. Lorsque la modification est susceptible d’entraîner une adaptation de l’autorisation ou de ses prescriptions, l’absence de réponse du préfet pendant plus de quatre mois, à compter du porter à connaissance, vaut décision implicite de rejet. Le principe « silence vaut acceptation » ne s’applique pas ici, notamment parce que ces projets relèvent de l’évaluation environnementale.

3. Les conséquences pratiques pour les exploitants

Ne pas mettre en œuvre une modification sans réponse expresse. Une modification portée à connaissance et restée sans réponse pendant quatre mois est réputée refusée. La réaliser malgré tout revient à exploiter en dehors de son autorisation, avec les risques de sanctions administratives et pénales que cela comporte.

Un porter à connaissance ne régularise pas un dossier. La décision montre qu’un porter à connaissance ne peut pas servir à combler, après coup, une lacune du dossier d’autorisation initial, dès lors qu’il a été implicitement rejeté.

Soigner le dossier comme une vraie demande. Le dossier doit être complet, argumenté et daté, avec une preuve de dépôt. Il doit démontrer pourquoi la modification n’est pas substantielle, et ce qu’elle change au regard des dangers et inconvénients de l’installation.

Suivre le délai de quatre mois. Notez la date d’échéance dès le dépôt. Avant son expiration, relancez le service instructeur pour obtenir une réponse expresse : un donné acte ou un arrêté de prescriptions complémentaires.

En cas de rejet implicite, réagir vite. Il faut alors choisir entre un nouveau porter à connaissance plus complet, une demande de nouvelle autorisation ou un recours. Les délais de recours étant courts, faites-vous accompagner.

Une question reste ouverte. Le Conseil d’État vise les modifications susceptibles d’entraîner une adaptation de l’autorisation. Il ne tranche pas expressément le cas d’une modification qui n’appellerait aucune adaptation et pour laquelle le préfet n’aurait pas donné acte. Par prudence, mieux vaut toujours obtenir une réponse écrite.

4. I.C.E Conseil vous accompagne

Nous préparons vos dossiers de porter à connaissance et justifions le caractère non substantiel de vos modifications. Nous assurons aussi le suivi auprès de l’inspection des installations classées jusqu’à l’obtention d’une réponse. Contactez-nous.

Source : Conseil d’État, 6e et 5e chambres réunies, 8 avril 2026, n° 495603, consultable sur Légifrance et sur le site du Conseil d’État.


Mise à jour de l’article « Risques accidentels : nouvelles obligations post-Lubrizol » (septembre 2020)

Le 26 septembre 2020, un an jour pour jour après l’incendie de Lubrizol à Rouen, le ministère publiait un décret et une série d’arrêtés pour tirer les enseignements de l’accident. Nous vous les présentions alors comme de « nouvelles obligations ». Six ans plus tard, ces textes ont été complétés, et la plupart de leurs échéances sont passées. Voici où en sont les principales obligations pour les exploitants d’installations classées.

1. L’état des matières stockées : une obligation générale pour les sites à autorisation

C’est la mesure la plus emblématique. Elle figure à l’article 49 de l’arrêté du 4 octobre 2010 relatif à la prévention des risques accidentels, et s’applique à toutes les installations soumises à autorisation depuis le 1er janvier 2022.

L’exploitant tient à jour un état des matières stockées, y compris les matières combustibles non dangereuses ou non classées. Cet état doit :

  • être mis à jour au moins chaque semaine, et chaque jour pour les matières dangereuses ;
  • être accessible à tout moment, y compris pendant un accident ou une perte d’utilités ;
  • être accompagné d’un plan des zones de stockage ;
  • être recalé par un inventaire physique au moins une fois par an ;
  • exister aussi sous une forme synthétique, tenue à disposition du préfet pour l’information de la population.

Les fiches de données de sécurité doivent être disponibles avant la réception des matières. L’état des matières stockées est référencé dans le plan d’opération interne, lorsqu’il en existe un.

Les entrepôts couverts (rubrique 1510) ont des règles équivalentes, fixées par leur propre arrêté du 11 avril 2017 modifié : nous les détaillons dans notre article Entrepôts logistiques et ICPE : ce qui s’applique en 2026.

2. Le plan d’opération interne étendu et enrichi

L’arrêté du 26 mai 2014 relatif à la prévention des accidents majeurs (Seveso) a été modifié en 2020, 2021 et 2022.

  • Les établissements Seveso seuil bas doivent disposer d’un plan d’opération interne (POI) depuis le 1er janvier 2023. Auparavant, cette obligation ne visait que les seuils hauts.
  • Le contenu du POI s’est élargi. Il prévoit les premiers prélèvements environnementaux, à l’intérieur et à l’extérieur du site, les substances à rechercher et les laboratoires capables de les analyser. Il prévoit aussi les moyens de remise en état et la communication avec le public.
  • Le POI est testé au moins tous les trois ans et mis à jour si nécessaire.
  • Les POI existants devaient être mis à jour au plus tard le 1er janvier 2026. Cette échéance concerne aussi les sites soumis à autorisation tenus d’avoir un POI au titre de l’arrêté du 4 octobre 2010.

3. Des obligations renforcées pour les établissements Seveso

Le décret n° 2020-1168 du 24 septembre 2020 a renforcé les règles applicables aux établissements Seveso :

  • il précise les modifications à considérer comme substantielles ou notables ;
  • il fixe les informations à transmettre au préfet en cas d’accident ;
  • il impose la mise à jour régulière de certains documents ;
  • il demande d’évaluer les risques pour les établissements voisins et de communiquer avec eux.

4. Les stockages de liquides inflammables

Deux arrêtés du 24 septembre 2020, applicables depuis le 1er janvier 2021, ont renforcé les stockages de liquides inflammables soumis à autorisation. Les installations existantes ont bénéficié d’un régime transitoire.

  • L’arrêté du 3 octobre 2010 modifié encadre les réservoirs aériens fixes. Il renforce les rétentions et la défense contre l’incendie : moyens, ressources en eau, émulseurs et protocoles d’aide mutuelle. Les protocoles d’aide mutuelle existants devaient être mis à jour au plus tard le 1er janvier 2022. Ce texte est toujours en vigueur ; il a encore été modifié en 2025.
  • Un nouvel arrêté du 24 septembre 2020 encadre le stockage en récipients mobiles. Il remplace l’arrêté du 16 juillet 2012.

5. Des règles générales de prévention pour tous les sites à autorisation

En 2022, l’arrêté du 4 octobre 2010 a été complété par une section consacrée aux dispositions générales de prévention des risques. Elle s’applique à toutes les installations soumises à autorisation et couvre la connaissance des risques, leur maîtrise, la maîtrise de l’exploitation et les situations d’urgence. Pour les installations dont la demande d’autorisation est antérieure au 1er septembre 2022, les travaux de mise en conformité devaient être réalisés avant le 1er janvier 2026.

L’arrêté du 4 octobre 2010 a encore été modifié en 2023 et en 2025, notamment sur le suivi du vieillissement des équipements. Certaines échéances courent jusqu’en 2027.

6. Les points à vérifier sur votre site

  • Votre état des matières stockées couvre-t-il aussi les matières non dangereuses, et sa fréquence de mise à jour est-elle respectée ?
  • Existe-t-il une version synthétique, prête à être transmise au préfet ?
  • Si vous êtes Seveso seuil bas, disposez-vous d’un POI testé depuis moins de trois ans ?
  • Votre POI a-t-il été mis à jour avec les prélèvements environnementaux et les laboratoires d’analyse ?
  • Les travaux exigés avant le 1er janvier 2026 par les dispositions générales de prévention des risques ont-ils été réalisés ?

I.C.E Conseil vous accompagne. Nous réalisons des audits de conformité, nous mettons à jour vos études de dangers et vos POI, et nous vous préparons aux visites d’inspection. Contactez-nous.

Sources : décret n° 2020-1168 du 24 septembre 2020 ; arrêté du 4 octobre 2010 modifié (dernières modifications en 2025) ; arrêté du 26 mai 2014 modifié ; arrêté du 3 octobre 2010 modifié ; arrêté du 24 septembre 2020 relatif aux récipients mobiles. Textes consolidés consultables sur Légifrance et sur AIDA (INERIS).


Mise à jour de l’article « Logistique et ICPE : les projets de modifications sont connus » (juillet 2020)

En juillet 2020, nous vous présentions les projets de réforme de la réglementation des entrepôts, relancés après l’incendie de Lubrizol. Ces projets sont devenus deux textes, publiés le 26 septembre 2020 : le décret n° 2020-1169, qui modifie la nomenclature, et l’arrêté du 24 septembre 2020, qui modifie l’arrêté ministériel du 11 avril 2017. Six ans plus tard, toutes leurs échéances transitoires sont arrivées à terme. Voici ce qu’un exploitant ou un porteur de projet d’entrepôt doit avoir en tête aujourd’hui.

1. Le classement : l’entrepôt est considéré dans son ensemble

Depuis le 1er janvier 2021, la rubrique 1510 vise les entrepôts couverts qui stockent plus de 500 tonnes de matières ou produits combustibles. L’entrepôt est classé dans son ensemble. Les doubles classements avec les rubriques 1530 (papiers, cartons), 1532 (bois), 2662 (polymères) et 2663 (pneumatiques) sont donc largement supprimés.

Volume de l’entrepôtRégime
≥ 900 000 m³, ou projet soumis à évaluation environnementale systématiqueAutorisation
≥ 50 000 m³ et < 900 000 m³Enregistrement
≥ 5 000 m³ et < 50 000 m³Déclaration avec contrôle périodique

Le régime de l’enregistrement couvre désormais la grande majorité des projets logistiques. L’évaluation environnementale systématique est recentrée sur l’artificialisation des sols : elle vise les projets de plus de 40 000 m² d’emprise au sol en espace non artificialisé. Les autres projets peuvent rester soumis à un examen au cas par cas.

Les entrepôts exclusivement frigorifiques relèvent de la rubrique 1511 : enregistrement à partir de 50 000 m³, déclaration avec contrôle périodique entre 5 000 et 50 000 m³.

2. Un arrêté unique, renforcé après Lubrizol

L’arrêté du 11 avril 2017 modifié fixe les prescriptions applicables à tous les entrepôts 1510, quel que soit leur régime. Ses annexes distinguent les règles applicables aux installations nouvelles et aux installations existantes. Les principales obligations issues du retour d’expérience de Lubrizol sont les suivantes.

Un état des matières stockées tenu à jour. Il recense aussi les matières combustibles non dangereuses. Il est mis à jour au minimum chaque semaine, et chaque jour pour les produits dangereux et pour les cellules de liquides et de solides liquéfiables combustibles. Il doit être accessible à tout moment, y compris pendant un sinistre, et recalé par un inventaire physique au moins une fois par an. Les fiches de données de sécurité doivent être disponibles avant la réception des matières. Ces règles s’appliquent depuis le 1er janvier 2022 aux sites à enregistrement et à autorisation.

Un plan de défense incendie pour tout entrepôt. Il est établi à partir du scénario d’incendie le plus défavorable d’une cellule. Il contient notamment les schémas d’alarme et d’alerte, la localisation des moyens de lutte et des commandes de désenfumage, et les dispositions à prendre en présence de panneaux photovoltaïques. Il est transmis aux services d’incendie et de secours. Les entrepôts existants à déclaration ou à enregistrement devaient en disposer au plus tard le 31 décembre 2023.

Des prélèvements environnementaux après un sinistre. Pour les sites à autorisation, le plan de défense incendie prévoit l’organisation des premiers prélèvements, à l’intérieur et à l’extérieur du site. Depuis le 1er janvier 2023, l’étude de dangers, lorsqu’elle est mise à jour, doit aussi indiquer les produits de décomposition susceptibles d’être émis en cas d’incendie important.

Des restrictions sur les liquides inflammables. Le stockage de liquides inflammables en contenants fusibles est limité selon leur catégorie et le volume des contenants. Ces restrictions sont entrées en vigueur en plusieurs étapes jusqu’au 1er janvier 2026. Elles ne s’appliquent pas si les moyens de protection incendie ont été qualifiés selon un protocole reconnu par le ministère.

Des stockages extérieurs éloignés des parois. Pour les entrepôts existants, cette règle s’applique depuis le 1er janvier 2025.

3. Photovoltaïque et toitures : de nouvelles obligations

La loi du 10 mars 2023 relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables (dite loi APER) a renforcé les obligations d’équiper les toitures et les parkings en panneaux solaires ou en végétalisation. Les bâtiments logistiques en font partie. Pour les ICPE, l’arrêté du 5 février 2020, modifié le 21 novembre 2024, fixe les cas où ces obligations sont écartées ou adaptées en raison des risques de l’installation.

Côté sécurité, l’installation de panneaux photovoltaïques sur un entrepôt à enregistrement ou à autorisation doit respecter la section V de l’arrêté du 4 octobre 2010. Elle doit aussi être prise en compte dans le plan de défense incendie.

4. Votre entrepôt est-il à jour ? Les points à vérifier

  • Le classement 1510 de votre entrepôt correspond-il bien à la nomenclature en vigueur depuis 2021 ?
  • Votre état des matières stockées est-il complet, à jour et accessible en cas de sinistre ?
  • Votre plan de défense incendie existe-t-il, et a-t-il été transmis au SDIS ?
  • Vos stockages de liquides inflammables respectent-ils les dernières échéances, y compris celle de 2026 ?

I.C.E Conseil vous accompagne. Nous réalisons des audits de conformité de vos entrepôts, nous montons vos dossiers d’enregistrement ou d’autorisation, et nous proposons une formation d’une journée : Logistique et réglementation ICPE. Contactez-nous.

Sources : décret n° 2020-1169 du 24 septembre 2020 ; arrêté du 11 avril 2017 modifié par l’arrêté du 24 septembre 2020 ; arrêté du 21 novembre 2024 modifiant l’arrêté du 5 février 2020. Textes consolidés consultables sur Légifrance et sur AIDA (INERIS).


Que vous soyez directeur de site, responsable QSE, chef de projet, architecte, maître d’oeuvre, directeur immobilier, investisseur…, vous êtes régulièrement confronté à la complexité de la réglementation environnementale et sa prise en compte dans la gestion de vos projets. Cette complexité s’est récemment accentuée avec les évolutions sur l’autorisation unique et l’évaluation environnementale.

Afin d’y voir plus clair, j’ai mis en place un programme de formations courtes (1 journée en général), adaptées à vos attentes concrètes, basées sur mon retour d’expérience de plus de 15 ans en tant que consultant environnement et ancien inspecteur ICPE. La prochaine session aura lieu le 29 mai prochain à Rennes sur le thème “Intégrer la réglementation environnementale dans la gestion de projets industriels”.

Une session spécifique au domaine de la logistique, avec un zoom sur le nouvel arrêté Entrepôts, aura lieu le 26 juin. Des formations sont également programmées au second semestre sur le thème de la visite d’inspection, de l’étude d’impacts et de l’étude de dangers…

Rendez-vous sur la page dédiée du site d’I.C.E Conseil :www.ice-conseil.fr/formations


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Vous y trouverez les actualités récentes relatives à la réglementation ICPE, des informations sur la publication de guides, de notes de doctrine, des instructions pour les services d’inspection etc.

Vous trouverez également des fiches pratiques ainsi que des liens utiles vers les sites officiels en lien avec la réglementation ICPE.

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